Les programmes européens de reproduction des Panthères

Les programmes européens de reproduction des Panthères

Programme de reproduction des panthères

La captivité bien que décriée par les activistes anti zoos et les associations de défense des droits des animaux représente une politique complémentaire et efficace aux actions de conservation in-situ des espèces menacées de disparition. En effet, il n’est pas toujours possible de garantir la protection des panthères dans leur habitat naturel. Et des parcs zoologiques peuvent constituer une réserve génétique importante et assurer ainsi la survie de ces espèces menacées.

En l’espace de quelques décennies, les parcs zoologiques se sont organisés en associations nationales et internationales. Et ils se sont regroupés autour de programmes de reproduction donnant un sens nouveau à la captivité. Mais ces actions sont clairement organisées et chaque participant doit suivre les règles définies. Cet article se propose d’en décrire le fonctionnement à l’échelle européenne des programmes de reproduction et de présenter ceux qui concernent les panthères. Et il présente aussi les conditions pour devenir soigneur animalier en parc zoologique et être impliqué dans ces actions de protection.

Quel futur pour les félins en captivité ?

La base de données ZIMS dénombre plus de 12000 individus de félins – toutes espèces confondues – gardés dans les parcs zoologiques. Mais c’est sans aucun doute beaucoup plus d’animaux qui sont gardés en captivité. Car ZIMS ne reçoit pas les données de tous les parcs zoologiques connus dans le monde et des élevages privés.

Bien que ce nombre d’individus paraisse important il faut noter une répartition très inégale en fonction des félins. Certaines espèces ou sous-espèces ne sont gardées qu’en petit nombre. Ainsi la rare panthère de Perse (Panthera pardus saxicolor) ne compte qu’une centaine d’individus en captivité. La panthère d’Arabie (Panthera pardus nimr) est encore moins fréquente avec seulement 60 individus. Même constat pour la panthère des neiges (Uncia uncia) avec seulement 50 individus maintenus à travers le monde.

L’avenir de ces petites populations captives est alors très incertain si aucune mesure de gestion des populations n’est mise en place. C’est fort heureusement le cas !

Les actions de reproduction en captivité

EEP et ESB sont des programmes de gestion des populations animales captives suivis par des parcs animaliers membre de l’EAZA, l’Association Européenne des Zoos et Aquariums (www.eaza.net). L’animation de ces programmes reposent sur le volontariat et le bénévolat.

Les EEP – European endangered species programme – sont les programmes les plus intensifs. La personne qui dirige un EEP est nommée un coordinateur. Cette personne travaille au sein d’un parc animalier et possède une expertise et une expérience importante avec l’espèce dont il a la charge. Le coordinateur peut-être un vétérinaire, un biologiste, un soigneur animalier ou un directeur d’établissement.

Ainsi le programme de reproduction de la panthère du Sri Lanka est coordonné par un expert travaillant au CERZA en France. Celui de la panthère de l’Amour est coordonné par une personne membre du Zoo de Londres.

Les missions des EEP sont de :

  • recueillir des informations et notamment les résultats de reproduction,
  • de donner des instructions aux transferts d’animaux entre les parcs participants à son EEP,
  • de rédiger des manuels techniques nommés guidelines.

Le coordinateur d’un EEP est assisté par un comité qui l’aide dans la prise de décision. Toutefois, il s’agit souvent d’un travail très important notamment quand la population captive est importante et qu’un grand nombre de transferts d’animaux sont à organiser.

Un ESB – European studbook – est un programme moins intensif. Le responsable de ce programme réalise une surveillance de l’évolution de la population captive dont il à la charge. Comme pour un EEP, il faut régulièrement faire le décompte des animaux nés dans les parcs zoologiques participants. Un ESB peut devenir un EEP si une gestion plus rigoureuse de la population captive est nécessaire.

Enfin, ces programmes de reproduction sont regroupés au sein de plusieurs TAGs (Taxon Advisory Groups). C’est le Felid TAG qui pilote les divers programmes de reproduction des panthères et autres félins au sein des parcs zoologiques européens. Un TAG est constitué des responsables des programmes ESB et EEP. Ceux-ci se réunissent au moins une fois par an pour dresser un bilan des actions à mener. Les TAG définissent quels sont les EEP et les ESB à créer.

D’autres programmes de conservation existent en dehors des parcs zoologiques européens. Ainsi l’AZA, qui est l’association des parcs zoologiques et des aquariums des États-Unis, met en place des actions nommées SSP, Species survival plan programs. Le fonctionnement de ces SSP est très similaires à celui des EEP et chaque SSP est dirigé par un coordinateur.

Espèces de panthères faisant l’objet d’un EEP ou ESB

De nombreuses espèces de félins sont menacées par les activités humaines, comme la chasse et la destruction des écosystèmes. Et les parcs zoologiques sont nombreux à s’impliquer dans des programmes de conservation ex-situ comme les EEP et les ESB.

En 2019, c’est 21 espèces de félins qui font l’objet d’un programme européen de reproduction. Les panthères sont concernées et les programmes dont elles font l’objet sont tous des EEP. Voici les espèces :

Les panthères sont des carnivores appréciés des visiteurs des parcs zoologiques. La plupart de ces espèces trouvent assez facilement une place au sein d’une collection. Notons toutefois que la Panthère nébuleuse est souvent une espèce timide. Et elle ne se montre pas toujours facilement au public.

Malheureusement, toutes les espèces de panthères ne se reproduisent pas facilement. Rappelons que comme la plupart des félins, les panthères sont des animaux solitaires. La mise en présence entre un mâle et une femelle est souvent un moment délicat et parfois dangereux pour les animaux.

Vers la réintroduction dans la nature

Certaines espèces de félins ont déjà fait l’objet de projets de réintroduction. C’est le cas notamment de la panthère de Perse dans le sud de la Russie. L’EAZA ayant signé en 2017 avec le gouvernement russe et l’UICN un accord dans ce sens.

La réintroduction des félins est toutefois très hasardeuse. Ces animaux ont besoin d’espaces très importants pour trouver suffisamment de nourriture et qu’une population viable d’implante de nouveau. Ce retour doit être accepté par les populations locales qui ne voient pas d’un bon œil les prédations sur leurs troupeaux. Un vrai travail de communication est nécessaire et cela prend du temps et mobilise d’importants moyens.

Comment travailler avec des panthères dans un parc zoologique ?

De plus en plus de personnes souhaitent travailler dans un parc animalier. Les émissions télévisées s’intéressent à un métier qui était encore peu connu il y a quelques années encore. Toutefois, le secteur des parcs zoologiques recrute peu. Et les places de soigneur animalier sont rares aussi bien dans les établissements français qu’à l’étranger.

Si malgré ces difficultés devenir soigneur animalier est votre objectif, il est important d’intégrer une des écoles de soigneur animalier car de plus en plus de responsable de parc zoologique ont une préférence pour les personnes formées. Là encore les places au sein de ces écoles sont chères et il faudra suivre plusieurs stages et réussir des examens d’entrée avant de pouvoir vous inscrire à une de ces formations de soigneur animalier.

Travailler avec des félins comme les panthères ne s’improvise pas. Ces animaux peuvent être dangereux en particulier en milieu captif où la crainte vis-à-vis de l’être humain a disparu. Plusieurs accidents ont eu lieu dans des parcs animaliers. Pour réduire ces risques, le soigneur animalier doit être capable de respecter les consignes de sécurité mises en place. Il ne doit pas intervenir inutilement. C’est un métier exigeant qui ne convient pas à tous les amoureux des animaux. Souvent peu rémunéré, le soigneur animalier doit assurer les services durant les week-ends, jours fériés et vacances scolaires. C’est un métier où la vie personnelle est en partie sacrifiée.

Être soigneur animalier – notamment au sein des parcs animaliers membres d’une association internationale comme l’EAZA – c’est bien entendu la possibilité de contribuer directement au bien-être des animaux et aux succès de reproduction des espèces les plus menacées. Et les félins ont plus besoin que jamais de passionnés pour les protéger.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *